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Actualité de l'atelier

Du rythme d'une émission aux planches : comment nous travaillons le croquis

Troisième regard sur le module de croquis et de narration visuelle : comment une séance se déroule, ce que les participants produisent et ce que l'atelier propose cet automne.

Thomas Lambert

5 minutes de lecture

Du rythme d'une émission aux planches : comment nous travaillons le croquis

Ce que nous ajustons dans le module cet automne

Chaque automne, au moment où les groupes se reforment, nous relisons le module de croquis et de narration visuelle avec Isabelle Martens, qui l'anime. Je n'y interviens pas comme dessinateur, mais comme formateur couleur et typographie : je vois arriver les planches au moment où elles passent à la mise en forme, et je sais vite si elles étaient assez claires.

Cette relecture nous a conduits à un constat simple : les participants qui posent leurs idées sur papier avant d'ouvrir un écran gagnent du temps ensuite. Le module a donc gardé son principe, traduire un rythme d'émission en croquis et en planches, mais nous avons resserré l'ordre des séances pour que ce principe apparaisse dès le début.

Rien de spectaculaire dans ces changements. Ce sont des réglages de calendrier et de consignes, faits parce que nous avons observé où les groupes hésitaient. Cet article en rend compte tel que nous le vivons à l'atelier de Waterloo, sans rien promettre au-delà de ce que le module contient.

Une séance type, du premier trait à la planche

La séance commence par l'écoute d'un extrait de rythme décrit à l'oral : un enchaînement court, lent, puis rapide. Chaque participant le traduit en quelques vignettes minuscules, sans soin particulier. L'objectif est de fixer l'idée, pas de dessiner joliment, et nous le répétons volontiers parce que les débutants se crispent sur le rendu.

Vient ensuite le tri. Les vignettes sont posées sur la table, le groupe désigne celles qui disent le mieux le tempo voulu, et la personne qui les a dessinées explique pourquoi elle a choisi cette composition. Cet échange oral compte autant que le dessin : il apprend à défendre un parti pris visuel.

La dernière partie est consacrée à la planche. On reprend les deux ou trois vignettes retenues, on les agrandit, on précise le cadrage, l'ordre et la durée supposée de chaque image. La planche obtenue est lisible par quelqu'un qui n'a pas assisté à la séance, ce qui est exactement ce qu'on attend d'elle.

Ce que les participants repartent avec

À la fin du module, chacun dispose d'un petit carnet de recherches et de quelques planches propres, rattachées à un rythme d'émission précis. Ce n'est pas un certificat ni une promesse de métier : c'est un matériau de travail, que l'on peut montrer, discuter et reprendre dans les modules suivants du programme.

Pour les professionnels du graphisme, l'intérêt est souvent ailleurs. Beaucoup arrivent avec l'habitude de composer directement à l'écran et découvrent que le croquis rapide permet d'écarter des pistes en dix minutes plutôt qu'en une après-midi. Ils repartent avec une méthode de tri plus économe.

Pour les débutants, le gain est plus discret mais réel : ils osent montrer une idée inachevée. Dans un travail d'habillage où l'on avance en équipe, cette aisance vaut davantage qu'un dessin impeccable.

  • Un carnet de recherches daté, séance par séance
  • Plusieurs planches lisibles par un tiers
  • Une manière de justifier un choix visuel à voix haute
  • Des pistes écartées vite, sans regret

Ce que nous attendons de vous au départ

Aucun niveau de dessin n'est exigé. Il suffit d'accepter de faire des traits imparfaits devant d'autres personnes, et d'apporter un crayon que vous aimez tenir. Le matériel de base est prévu à l'atelier ; si vous avez déjà un carnet qui vous convient, apportez-le sans hésiter.

Nous demandons surtout de la régularité. Le module fonctionne par accumulation : une séance manquée se rattrape, mais plusieurs de suite rendent la planche finale plus difficile à construire, car elle s'appuie sur les vignettes des séances précédentes.

Un mot enfin pour celles et ceux qui viennent du graphisme : laissez la souris de côté pendant les premières séances. Ce n'est pas un principe rigide, c'est une habitude qui se perd vite et que le papier aide à retrouver.

Un regard de formateur couleur sur les planches

Ma place dans ce module est modeste mais utile. Quand les planches sont prêtes, je les regarde en pensant à ce qui viendra après : la couleur, les contrastes, la lisibilité des titrages. Une planche bien construite laisse des zones calmes où un texte pourra se poser sans lutter avec l'image.

Je signale parfois qu'un cadrage très chargé en haut de l'image compliquera plus tard l'ajout d'un bandeau. Ce n'est pas une critique du dessin, c'est une anticipation. Les participants apprennent ainsi que le croquis n'est pas isolé du reste de la chaîne.

Cette passerelle entre le papier et la mise en forme est l'une des raisons pour lesquelles nous gardons le module en tête de programme. Il donne un langage commun aux séances de couleur, de typographie et de mouvement qui suivent.

Ce qui reste volontairement simple

Nous avons résisté à l'envie d'alourdir le module. Pas de logiciel imposé, pas de rendu final spectaculaire, pas de concours entre participants. Le travail se juge à la clarté de l'idée posée et à la capacité de la défendre devant le groupe, avec bienveillance.

Cette sobriété est un choix pédagogique. Elle laisse de la place à l'erreur, qui est la matière même du croquis. Un trait raté qui conduit à une meilleure idée vaut mieux qu'une page nette qui ne dit rien du rythme.

Si vous hésitez à franchir la porte parce que vous pensez ne pas savoir dessiner, retenez ceci : ce module ne mesure pas votre main, il apprend à regarder un rythme et à le rendre visible.

Le module de croquis et de narration visuelle reste notre point de départ : un lieu où l'on apprend à poser une idée claire avant de la mettre en forme. Si cette approche vous parle, la page Programme détaille l'ensemble des modules, et la page Contact vous permet de poser vos questions à l'équipe de Waterloo.